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Le caïd se rebiffe

L'Opéra-Théâtre de Metz a, pour lancer la Biennale Ambroise Thomas - l'enfant du pays -, ressuscité le charmant et bien oublié Caïd de Thomas, le 2 décembre dernier. Très convaincant.

PAR Classica | CRITIQUES | 6 février 2008
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Créé en 1849 à l'Opéra- Comique (qui serait bien inspiré de le remettre à son répertoire), le Caïd connut un immédiat et franc succès dû à sa musique entraînante et à une intrigue charmante sur un fond colonial alors fort en vogue. La distribution réunie à Metz faisait entendre le soprano limpide de Nathalie Gaudefroy, la chanteuse se jouant des nombreuses acrobaties vocales qu'appelait son rôle. Une mention aussi pour Shadi Torbey, belle voix de basse, qui s'est tiré au mieux des « Couplets du tambour-major », seule page de la partition demeurée au répertoire. Jean-Loup Pagésy excellait dans le rôle-titre du Caïd et le ténor Jean-Francis Monvoisin campait un gardien de sérail convaincant. Dans la fosse, Jacques Mercier a fait valoir les qualités d'un Orchestre national de Lorraine très sollicité par cette oeuvre, mise en scène avec une souriante ironie par Adriano Sinivia. À Toulon, c'est - plus classiquement - l'Orphée de Gluck qui était à l'affiche, mais dans la version « de Paris », composée pour le ténor Joseph Legros, en 1774. Et surtout, cette nouvelle production permettait d'entendre un ténor prometteur, le tout jeune Maxim Mironov. Avec une diction du français plus qu'honnête, un timbre séduisant, une technique solide, forgée à l'école belcantiste, il incarnait un Orphée de premier plan, se pliant de bonne grâce à la direction d'acteurs de Numa Sadoul dont la mise en scène avait le mérite de la simplicité. On sera plus réservé sur une chorégraphie qui se cherchait, dans une esthétique baroque finalement peu convaincante. Une Eurydice à la belle voix bien conduite (Henrike Jacob) et un Amour bien pimpant (Joanna Malewski) entouraient Orphée, sous la direction impeccable de style, de phrasé, de juste respiration de Giuliano Carella, à la tête d'un orchestre plein de bonne volonté.

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